Le coronavirus est avant tout une agression physique, corporelle, dont nous devons tous nous protéger

A l’heure actuelle, nous ne possédons pas de vaccin, pas de traitement spécifique, si ce n’est de traiter les symptômes physiques qui se déclenchent.

Peu ou pas assez de moyens sont donc mis au service des soignants.

Tous les jours, les médias nous rappellent le risque léthal possible de ce virus chez les personnes déjà fragilisées par d’autres maladies.

En plus de l’impact physique sur la population, l’arrivée du Coronavirus a d’autres conséquences en cascade

1/ Le confinement : l’obligation à toute la population de rester chez soi.

Comme le dit Boris Cyrulnik, le confinement est certes, une protection physique, mais une réelle AGRESSION PSYCHIQUE :

  • Il y a comme un « gap », un fossé, tout un monde, entre ce que l’on voit et ce qui est : dehors, la vie est là, les fleurs poussent, c’est le printemps, et pourtant la ville, le village est habité d’un lourd silence, de rues désertes, de vide : moins de bruits, absence d’agitations, moins d’embouteillages sur nos routes, des rayons vides dans les magasins, des restaurants fermés … Ce contraste vie/mort est angoissant.

  • Le confinement bouscule nos certitudes : il nous fait prendre conscience que l’homme ne maîtrise pas tout, que la vie n’est pas parfaitement prédictible, qu’on ne peut pas faire confiance à 100 % à nos systèmes de santé, nos systèmes économiques, nos systèmes politiques… A ce niveau là, il peut être vécu comme traumatisant.

  • Le confinement nous touche en plein cœur de nos angoisses existentielles : Irvin Yalom, dans son livre « thérapie existentielle », décrit 4 enjeux ultimes : la mort, la liberté, l’isolement et l’absence de sens.

Nous voyons combien aujourd’hui ces éléments fondamentaux de toute existence sont déterrés de manière brutale, et jetés à l’avant de la scène :

  • L’isolement : le confinement, c’est l’action d’enfermer, de confiner, et le résultat de cette action. Nous sommes nés « seuls au monde » comme le chante Maurane, jetés dans la jungle du monde, et seuls les liens d’attachement et l’amour peuvent nous aider à traverser cette vie moins péniblement. Car seuls, nous ne pouvons pas grand-chose. Aujourd’hui, nous mesurons combien nous avons terriblement besoin les uns des autres pour survivre. La confrontation au Corona virus nous le fait bien comprendre : besoin des médecins, des chercheurs, des ingénieurs, des infirmiers, des aides-soignants, de nos familles pour nous aider si l’on est malades ou vieux, de nos enseignants pour nous accompagner et poursuivre la route le plus normalement possible, ….Dans les maisons de repos, nous voyons jusqu’où cela peut mener : l’isolement peut être mortifère.

  • La liberté : cette force qui nous pousse à créer notre propre vie, à en prendre toute la responsabilité, à être davantage conscient et acteur de notre destin, cette force qui nous pousse à désirer, décider ce que l’on veut et ce que l’on ne veut pas et agir. Aujourd’hui, nous sommes atteints dans toutes nos libertés : celle de marcher, de sortir, de voyager, de serrer dans nos bras, de rencontrer, de fêter, de travailler parfois…. Certains ne le supportent pas et commencent à voir passer dans le paysage de leur esprit de sombres idées. Combien de temps pouvons nous supporter d’être ainsi confinés ?

  • La peur de la mort joue un rôle majeur dans notre expérience interne et notre façon de conduire notre vie ; dès son plus jeune âge, le bébé puis l’enfant, est aux prises avec des pulsions de destruction, des angoisses de morcellement, des peurs d’anéantissement. La sécurité et le sentiment de sécurité sont des besoins fondamentaux de l’enfant pour se construire et de l’adulte pour développer son identité propre et toutes ses potentialités.

    La situation d’aujourd’hui nous met en insécurité face à un ennemi invisible à l’œil nu, que nous avons encore besoin d’apprendre à connaître.

    Elle fait venir en nous l’idée même de la mort. Celle-ci nous confronte à la vie que nous menons et nous enjoint à adopter un mode de vie plus authentique.
  • La question du sens : l’homme est par nature un être vivant qui a besoin de donner du sens à ce qu’il vit ; quel est le sens de la vie ? Quel est le sens de ma vie ? Aujourd’hui, comment chaque être humain trouve-t-il du sens dans une situation qui en est dépourvue en elle-même ? Quel sens allons-nous donner à cette période de confinement ? Quelle direction allons-nous prendre et quelle signification allons-nous donner à ce qui est en train de se passer pour nous sur le plan personnel, familial, conjugal, professionnel, amical ?

2/ La distanciation sociale imposée : interdit de se situer à moins d’1 m 50 l’un de l’autre.

Les médias nous parlent de distanciation sociale, à tort : il s’agit de distanciation physique !

Mais nous voyons que pour certains, malheureusement, cette distanciation physique a comme conséquence une mise encore plus grande aux bancs de la société : les personnes pauvres, sans domicile fixe, les victimes de violence intrafamiliale, conjugale, les personnes âgées, les personnes handicapées ….

Le temps prend une autre dimension :

  • D’une part, les cas de contamination se multiplient de manière exponentielle ; « on court contre le temps » ; le but du confinement est de permettre une prise en charge qui supporte le rythme de contamination de la population et permettent aux soignants de travailler et aux chercheurs de trouver un vaccin… Cela marche, cela permet aux hôpitaux de ne pas être submergés.
  • Et en même temps, à la maison, chez eux, les gens perdent leurs repères-temps : plus de rythme de travail pour certains, une auto-discipline difficile à s’imposer ; les contraintes habituelles qui faisaient office de colonne vertébrale de leurs journées ne sont plus là ; il s’agit de s’auto-gérer.
  • Pour certains, le télétravail tout en s’occupant de ses enfants confinés eux aussi à la maison obligent les parents à se réorganiser complètement … ce ne sont plus des journées de 6 heures, 7 heures, 8 heures, mais parfois de 12, 13, 14 heures.
  • « Du temps pour soi » : que faire quand on n’en a pas l’habitude ?

    • Certains n’arrivent pas à y croire : « je l’espérais, ce temps pour moi, j’ai plein de choses à faire, et je n’arrive pas à y croire, je n’arrive pas à en profiter »

    • D’autres le goûtent pleinement, et, enfin, sans culpabiliser ! « J’y suis contraint(e), alors je le vis plus facilement, sans culpabiliser ! »
  • Les rituels sont bouleversés : les gens, en campagne, se croisent et ne se disent plus bonjour. Il nous est interdit de se serrer la main, de s’embrasser, de se prendre dans les bras, … Parmi nous, certaines personnes porteuses de différences telles que l’autisme, l’obsessionalité, la déficience intellectuelle sont tout à fait perdues. Le toucher, premier et dernier sens de la vie, nous est enlevés par souci de santé….
  • 20 h, une heure qui devient importante : hommage à tous ceux qui restent sur le pont. La plupart des soignants, des policiers, des pompiers, des gens des magasins d’alimentation, … le vivent bien, comprennent la bienveillance et le soutien que représente ce moment-là. D’autres s’en offusquent, comme ce médecin urgentiste qui me disait : « ils se donnent bonne conscience mais en fait ils applaudissent des soldats qu’on envoie au front sans armes, sans protection, c’est honteux, ça me révolte ! »
  • La vie quotidienne est bouleversée : les courses, le sport, les activités de loisirs, les soins hors coronavirus, …. Les horaires des magasins, l’ouverture ou la fermeture de certains, la nécessité de téléphoner avant d’aller en pharmacie, … on ne peut plus faire « comme avant ».

Il y aura un avant et un après, une fracture. Et comme toutes les fractures, nous ne sommes pas égaux pour en guérir. Actuellement, aujourd’hui, nous sommes tous DANS ce qui peut potentiellement faire trauma.

L’espace est autrement considéré :

  • On parle de « pandémie, c’est-à-dire une épidémie mondiale » : toute la terre serait touchée, on parle d’une maladie qui se propage partout dans le monde sans qu’on puisse la stopper. Plus de frontière, plus de bords, de limites, pas d’endroit où y échapper. Seul le confinement peut un peu nous aider, le temps que les soignants sachent nous apporter un traitement ou un vaccin.
  • La discrimination, le racisme envers les « étrangers » explosent un peu partout. L’ « étranger » devient le bouc-émissaire, celui qui est ciblé comme porteur de cette pandémie. Certains, comme cette chinoise née en Belgique, habitant en Belgique depuis toujours, qui m’explique combien elle est victime de micro-agressions depuis le début de l’épidémie.
  • Le manque d’espace au sein des familles conduit à une recrudescence des violences intrafamiliales et conjugales.
  • Les espaces publics sont fermés : plus de ballades entre amis, de fêtes extérieures, de rassemblements dans les parcs, les centres commerciaux, les musées, les salles de sport, …. L’isolement social est organisé pour protéger la population. La culture est mise au banc de la société.
  • Le visible et l’invisible se mélangent : ce virus, pour la plupart d’entre nous, nous ne le voyons pas ; il se manifeste par des symptômes, mais lui, il reste bien caché, comme une brèche insoutenable qui nous fait comprendre qu’il y a tout un pan de la réalité dans l’espace qui nous échappe.

3/ Nos valeurs : nous sommes confrontés à nos valeurs et à notre éthique

  • Des « soldats-soignants » sont envoyés au front sans armes et sans protection adéquates et suffisantes.
    « Primum non nocere » prend tout son sens plus que jamais !
    Ne pas nuire aux soignants, est-il de la même importance pour tous ?
  • Des dilemmes moraux, des conflits intrapsychiques naissent chez tout le monde : « vaut-il mieux aller voir ma grand-mère au risque de la contaminer (valeur de la santé) ou la priver de visites familiales (valeur de l’amour, du lien, de l’appartenance familiale), au risque de ne plus la revoir avant qu’elle ne meure ? ». « Quels besoins satisfaire d’abord ? celui de manger (valeur de la vie) et d’aller chercher mes produits en magasin (valeur de l’économie) ou mon besoin de sécurité ?
  • Nous devons penser une nouvelle manière d’être en lien : ce monde, tellement interconnecté, que l’on a tant décrié, critiqué, et dont aujourd’hui nous avons tant besoin !
    Certains passent d’une attitude très défensive contre les réseaux sociaux, les plateformes en ligne, les forums, … à une attitude de gratitude, de reconnaissance, de curiosité bienveillante.
  • Le travail est lui-même bouleversé, confronté aux bienfaits et aux désagréments de la mise à distance :

    • Bienfaits de la distanciation sociale sur le travail :

      • La distanciation permet dans une certaine mesure de diminuer le nombre de stimuli, d’agents stressants : pas d’« openspace », pas de trajets, d’embouteillages, … ; parfois même, cela augmente la satisfaction au travail (« j’ai pu achever mon dossier sans être dérangé »)

      • La distanciation invite à se focaliser sur l’essentiel et mieux hiérarchiser les priorités : la « méta position » est favorisée et permet une prise de vue plus large et plus globale.

      • Cela peut renforcer l’optimisme et la créativité en élargissant le champ des possibles : le vide peut être un vide fertile. Tout acte créateur commence par une page blanche.

      • Chacun est davantage face à lui-même, et donc moins en comparaison avec les autres : il y a plus de place à « Soi »

      • Dans certains cas, les interactions sociales numériques améliorent les rapports sociaux : l’utilisation des réseaux sociaux est tout à coup valorisée ! L’absence de proximité physique ne nuit pas toujours à la formation d’une cohésion, d’une identification au groupe.

    • Effets négatifs de la distanciation sociale sur le travail

      • En revanche, la distanciation sociale au travail risque d’augmenter le sentiment de solitude et/ou l’isolement

      • Le télétravail inflige moins de distance entre le privé et le professionnel

      • Il peut y avoir une baisse de la motivation (due à un écroulement de ce qui avait été construit, des faillites, des pertes de clients, ou simplement due au fait qu’être à la maison incite à faire d’autres choses que de travailler), frustrations, état d’humeur négatif, sentiments d’impuissance.

4/ Quel impact voyons-nous sur les personnes ?

Selon Boris Cyrulnik, on observe principalement deux cas de figure :

  • Ceux qui, avant l’arrivée du Coronavirus avait un bon réseau familial, amical, social, vont sans doute le renforcer, améliorer leurs contacts, resserrer les liens autour d’eux. Peut-être même vont-ils en sortir grandis, plus proches, plus intimes.
  • Ceux qui ont, au contraire, acquis avant l’arrivée du coronavirus, des facteurs de vulnérabilité, ceux qui ont en mémoire cognitive, physique, cellulaire, ou émotionnelle, des traces de traumatismes antérieurs non résolus, non traités, non élaborés, risquent d’être réactivés dans leurs parties traumatisées : leurs parts blessées, telles que sentiments d’abandon, de rejet, échecs professionnels, deuils, … etc. et leurs parts défensives, leurs mécanismes de défenses : repli sur soi, irritabilité, déni, fuite, agitation, agressivité, ….

    En fonction du suivi des patients après un mois de confinement, j’ajouterais ceci :
  • Deux réactions sont possibles chez les personnes souffrant de troubles anxieux : certains perdent leurs habiletés sociales durement acquises parfois par un long et lent travail thérapeutique ; le confinement « leur convient » car il diminue les contraintes sociales qui leur posent un problème. Cependant, dès qu’un contact avec l’Autre est de nouveau nécessaire, de nouvelles crises d’angoisse refont surface. D’autres sont réactivés dans leurs traumatismes antérieurs. D’autres encore sont renforcés dans leur angoisse d’être contaminés, d’être en contact avec des microbes : leurs obsessions et leurs compulsions prennent à nouveau plus d’ampleur.

  • L’isolement augmente les symptômes dépressifs, surtout chez ceux qui n’en étaient pas encore sortis.

    Nous ne parlons pas encore d’ « état de stress post-traumatique » puisque nous sommes encore en train de vivre ce qui pourrait « faire trauma ».

    Nous savons qu’une des caractéristiques d’un traumatisme est que nous nous sentons impuissants, que nous avons l’impression de subir sans pouvoir agir.

    Comment redevenir acteur dans cette situation que nous subissons tous ?

    Tout ce qui nous permet de reprendre les rennes de notre vie quotidienne nous aide à traverser au mieux ce temps de confinement : organiser son temps, se fixer des horaires, des mini-projets, structurer les choses au cours de la journée nous permet de décider de nouveaux repères bons pour nous.

A partir de quand parlera-t-on d’un état de stress aigu, d’un état de stress post-traumatique ou d’un trouble de l’adaptation ?

L’état de stress aigu est un ensemble de symptômes caractéristiques qui peut se développer en réaction à l’exposition à un ou des événement(s) traumatique(s). Il implique généralement une réponse d’anxiété qui inclut certaines formes de reviviscence ou de réactivité à l’événement traumatique.

Le diagnostic d’état de stress aigu peut être posé, selon les critères du DSM-5, de 3 jours à 1 mois après l’exposition à un ou des événement(s) traumatique(s).

Après un mois, le diagnostic d’état de stress post-traumatique doit plutôt être considéré.

Comment se manifeste un état de stress aigu ?

A. Exposition à la mort, à des blessures graves, ou à la violence sexuelle, effectives ou potentielles, d’une (ou plusieurs) des façons suivantes :

  1. Vivre directement l’événement traumatique.

  2. Être témoin, en personne, de l’événement vécu par d’autres.

  3. Apprendre que l’événement traumatique a été vécu par un membre de la famille proche ou un ami proche.

    Note : En cas de décès ou de danger de décès d’un membre de la famille ou d’un ami, l’événement doit avoir été violent ou accidentel.

  4. Vivre une exposition répétée ou extrême aux détails pénibles de l’événement traumatique (par exemple, les premiers intervenants ou les policiers).

    Note : Le critère A4 ne s’applique pas à l’exposition par le biais des médias électroniques, de la télévision, de films ou de photos, à moins que cette exposition soit liée au travail.

B. Présence de 9 (ou plus) des symptômes suivants, de n’importe laquelle des 5 catégories d’intrusion, d’humeur négative, de dissociation, d’évitement et de niveau d’activation élevé, qui ont débuté ou se sont aggravés après la survenue d’un événement traumatique :

Symptômes d’intrusion :

  1. Souvenirs pénibles récurrents, involontaires, et envahissants de l’événement traumatique.

    Note : Chez les enfants, il peut s’agir d’un jeu répétitif dans lequel des thèmes ou des aspects de l’événement traumatique sont exprimés.

  2. Rêves répétitifs pénibles dans lesquels le contenu et/ou l’affect sont liés à l’événement traumatique. 

    Note : Chez les enfants, il peut s’agir de rêves effrayants sans contenu reconnaissable.

  3. Réactions dissociatives (ex. flash-backs) dans lesquelles l’individu se sent ou agit comme si l’événement traumatique se reproduisait.

    (De telles réactions peuvent survenir sur un continuum, l’expression la plus extrême étant une perte totale de conscience de l’environnement actuel.) 

    Note : Chez les enfants, des reconstitutions du traumatisme peuvent se produire dans le jeu.

  4. Détresse psychologique intense ou prolongée ou réactions physiologiques marquées en réponse à des indices internes ou externes symbolisant ou ressemblant à un aspect de l’événement traumatique.

Humeur négative :

  1. Incapacité persistante de ressentir des émotions positives (par exemple, incapacité à éprouver du bonheur, de la satisfaction ou des sentiments affectueux).

Symptômes dissociatifs :

  1. Altération du sens la réalité de son environnement ou de soi-même (par exemple, se voir à partir de la perspective de quelqu’un d’autre, être dans un état second, ralentissement du temps).

  2. Incapacité de se rappeler un aspect important de l’événement traumatique (typiquement en raison d’une amnésie dissociative et non d’autres facteurs tels que blessure à la tête, alcool ou drogues).

Symptômes d’évitement :

  1. Efforts pour éviter les souvenirs, les pensées ou les sentiments pénibles à propos de, ou étroitement associés à l’événement traumatique.

  2. Efforts pour éviter les rappels externes (personnes, lieux, conversations, activités, objets, situations) qui éveillent des souvenirs, des pensées ou des sentiments pénibles à propos de, ou étroitement associés à l’événement traumatique.

Symptômes d’activation :

  1. Perturbation du sommeil (par exemple, difficulté à s’endormir ou à rester endormi ou sommeil agité).

  2. Comportement irritable et crises de colère (avec peu ou pas de provocation), généralement exprimés sous forme d’agression verbale ou physique envers des personnes ou des objets.

  3. Hypervigilance.

  4. Problèmes de concentration.

  5. Réaction de sursaut exagérée.

C. La durée de la perturbation (symptômes du critère B) est de 3 jours à 1 mois APRÈS l’exposition au traumatisme.

Note : Les symptômes commencent généralement immédiatement après le traumatisme, mais leur persistance au moins 3 jours et jusqu’à un mois est nécessaire pour répondre aux critères du trouble.

D. La perturbation entraîne une souffrance cliniquement significative ou une altération du fonctionnement dans les domaines sociaux, professionnels, ou autres domaines importants.

E. La perturbation n’est pas imputable aux effets physiologiques d’une substance (par exemple, médicaments ou alcool) ou à une autre condition médicale (par exemple, une légère lésion cérébrale traumatique) et n’est pas mieux expliquée par un trouble psychotique bref.

Diagnostics de stress aigu et de trouble de l’adaptation

Un diagnostic d’état de stress post-traumatique est considéré si les symptômes persistent plus d’un mois.

Un diagnostic de trouble de l’adaptation est considéré,

  • lorsque la réponse à un événement traumatique ne rencontre pas tous les critères de l’état de stress aigu ;
  • ou lorsque l’exposition à un événement stressant ne correspond pas aux critères de l’exposition à un événement traumatique.

Conclusion

L’objectif de cet article a été de balayer les conséquences psychologiques « normales » liées à une situation « extra-ordinaire » et de donner quelques repères sur la frontière entre « le normal » et « le pathologique ».

Au sens étymologique du terme, pathologique vient du grec, pathos, qui veut dire souffrance ; le dictionnaire Larousse le définit comme « quelque chose qui a trait à la maladie ».

Il est normal, sans être pathologique, de contacter une certaine souffrance quand on vit une situation hors norme, exceptionnelle et que nos mécanismes d’adaptation sont mis à rude épreuve. Nous avons alors souvent besoin de temps avant de pouvoir rebondir, nous fixer de nouveaux repères de pensées, de ressentis, de comportements.

Par contre, avec le temps, ces difficultés d’adaptation peuvent évoluer en symptômes et se fixer sur des modalités pathologiques, qui nous font perdre pied. Dans ces situations, il ne faut pas attendre de se faire aider ; plus tôt on réagit, moins les troubles que l’on ressent ne pourront se fixer et nous abîmer ou abîmer ceux avec qui nous vivons.

Prenons soin de nous et de tous ceux qui nous entourent. Aidons-nous les uns les autres à traverser ces changements sans trop de difficultés, pour qu’un jour nous puissions laisser ce temps-là derrière nous.

Bibliographie

Brillon P., « Se relever d’un traumatisme, réapprendre à vivre et à faire confiance », Guide à l’intention des victimes, Outremont, Quebecor, 2004.

Cyrulnick Boris, intervieuw par Léa Salamé, https://www.franceinter.fr/emissions/.

Delbrouck M. « Psychopathologie – Manuel à l’usage du médecin et du psychothérapeute » 3e édition, De Boeck Supérieur, 2019.

DSM V « Diagnostic and statistical manual of mental disorders », 5e édition, Washington D.C. American Psychiatric Association, 2013 

Maurane, chanson « Les uns contre les autres », 2013.

Michinov E. in « Le travail humain », La distance physique et ses effets dans les équipes de travail distribuées : une analyse psychosociale » 2008/1 (Vol.71), pages 1 à 21

Yalom I., « Thérapie existentielle », Broché, 2012.

Photographies

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Sophie Debauche

Psychologue Clinicienne, Psychothérapeute, Formatrice et Superviseur - Responsable du Centre Thérapeutique de Luttre - Téléphone: 0476.50.19.66