Présentation de l’Analyse Transactionnelle

Présentation de l’Analyse Transactionnelle

Par Sophie Debauche.

 

Créée dans les années 50 par Éric Berne (1910-1970), et introduite en Europe dans les années 70, l’Analyse Transactionnelle est avant tout une théorie de la personnalité et de la communication.

Son fondateur, médecin, psychiatre et psychanalyste, souhaite au départ mettre en place une nouvelle approche psychothérapeutique structurée, intégrative, pragmatique, contractuelle et accessible à tous. Ainsi nait l’Analyse Transactionnelle basée sur les fondements philosophiques suivants :

  • « Toute personne est ok », c’est-à-dire que chacun a des capacités, qui lui sont propres, sauf si la personne a contracté une maladie physique ou psychologique qui les réduit.
  • « Toute personne a la capacité de penser par soi-même et a une identité propre »
  • « Toute personne a droit à l’auto-détermination », c’est-à-dire à décider pour elle-même de sa propre destinée.

Issue d’une tradition philosophique fondée sur l’existentialisme, la phénoménologie et l’humanisme, l’Analyse Transactionnelle s’est développée tout d’abord dans le champ de la psychothérapie. Puis elle a été validée, complétée et enrichie par d’autres professionnels qu’Eric Berne dans de nombreux pays : aujourd’hui, l’I.T.A.A.[1]compte environ 10000 membres dans le monde et est présente dans plus de 60 pays différents.

Il est rapidement apparu que son champ d’application n’était pas réductible au champ de la psychothérapie. Sa pertinence, son originalité et son accessibilité en font aujourd’hui une des théories les plus appliquées dans l’ensemble des métiers de la relation d’aide. Elle est aussi présente aujourd’hui dans le champ du Conseil, de l’Education et des Organisations.

En tant que théorie de la personnalité, l’A.T.[2] propose une élaboration complète de la structure de la personnalité, originale et indépendante. Elle propose de nouveaux concepts décrivant le développement d’une personne (états du Moi, besoins de base, signes de reconnaissance, scénario, …) et postule que, face au monde, l’individu qui se construit prend les « décisions » qui lui semblent les plus adéquates. Certaines de ces décisions, maintenues en l’état à l’âge adulte, peuvent être causes de souffrance et faire l’objet d’un travail psychothérapeutique, menant à de nouvelles « redécisions. »

Le psychothérapeute, recevant la personne en face à face, établit avec elle un contrat thérapeutique, par lequel celle-ci définit le changement qu’elle souhaite mettre en œuvre et tous deux décident de leur engagement respectif pour la réalisation de cet objectif. La visée est l’autonomisation et l’épanouissement de la personne.

En tant que théorie de la communication, l’A.T. propose une série de concepts qui ont pour vocation d’aider à la compréhension de ce qui se passe dans l’interaction entre deux ou plusieurs personnes : transactions, jeux psychologiques, triangle de Karpman, triangles des 3 P, jeux psychologiques, structuration du temps, positions de vie, … Adoptant un langage accessible, dépourvu de prétention, empreint de simplicité et de partage, E. Berne a également introduit la possibilité du travail psychothérapeutique en groupe.

De nombreux auteurs ont apporté leurs contributions aux développements de l’A.T. classique, tels que Claude Steiner, Fanita English, Taibi Kahler, … ainsi qu’aux orientations récentes telles que l’A.T. relationnelle de Hargaden H. et Sills C, l’approche corporelle-relationnelle de W. Cornell, la psychothérapie intégrative de R. Erskine, l’A.T. co-créative de G. Summers et K. Tudor, et l’approche narrativiste de B. et J. Allen[3].

En tant que théorie de la structure et de la dynamique des groupes et des organisations, l’A.T. est particulièrement efficace pour l’intervention en entreprise (consultants, formateurs, coachs, …).

La déontologie professionnelle, les normes de formation, de certification et de pratique de l’Analyse Transactionnelle, sont édictées par l’EATA[4]  et par l’ITAA [5].

La formation des analystes transactionnels s’étend sur plusieurs années et répond aux critères d’exigence de l’E.A.P.[6] Elle s’organise principalement en écoles privées mais est présente dans certaines universités en Angleterre et en France.

Le processus de qualification en AT est hautement structuré et a pour but de conférer à son exercice les garanties de qualité. Il est demandé aux candidats qu’ils se forment de manière active et régulière, selon un cursus rigoureusement déterminé, et qu’ils satisfassent à un examen, écrit puis oral, devant un jury international. Seules les formations données par des formateurs agréés sont certificatives.

En Belgique, les analystes transactionnels se regroupent au sein de deux associations :


[1] International Transactional Analysis Association

[2] Analyse Transactionnelle

[3] J. Grégoire, « Les orientations récentes de l’analyse transactionnelle. »,

[4] European Association for Transactional Analysis

[5] International Transactional Analysis Association

[6] European Association of Psychotherapy